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29 Oct

LES MEFAITS DE L'IMMOBILISATION D'UN MEMBRE

Publié par Docteur Valérie GUIGARDET  - Catégories :  #GENERALITES ET INDICATIONS DE LA PHYSIOTHERAPIE

 

 

 

 

attelle-de-goufy[2]L’immobilisation d’un membre peut survenir de 2 manières : soit par l’existence d’un moyen de contention (résines, Robert Johnes, attelles...), soit par une non mobilisation de l’animal (pour cause de douleur ou de paralysie).

Au sein d’une articulation il existe un équilibre osmotique entre le liquide synovial et le cartilage. Il est régulièrement rompu par les mouvements, permettant la nutrition du cartilage par imbibition. Ainsi la marche et la course participent au bon fonctionnement des articulations.

 

L’immobilisation d’une articulation entraîne la destruction du cartilage avec développement de l’arthrose

ainsi qu'une ankylose articulaire par fibrose et rétraction des structures péri-articulaires (capsules et ligaments).

 

L’immobilisation a pour conséquence une mauvaise dynamique articulaire. C’est pourquoi on recommande d’immobiliser au minimum une articulation et d’accorder une importance réelle à la kinésithérapie afin de limiter la dégénérescence cartilagineuse.

L’immobilisation d’une articulation entraîne au niveau musculaire l’apparition de contractures dues au maintien du membre dans une position fixe, des amyotrophies, des rétractions fibreuses et des adhérences aux structures voisines.

L’immobilisation modifie le volume mais également la structure musculaire. La kinésithérapie permet de traiter l’amyotrophie, qui est un phénomène réversible car le potentiel de régénérescence des muscles est de grande qualité. Mais cette récupération peut être 2 à 4 fois plus longue que la période d’immobilisation. D’autre part, les mouvements permettent une meilleure orientation des fibres lors des processus de régénération et de cicatrisation.

Le nombre de vaisseaux capillaires diminue au cours de la période d’immobilisation, la vascularisation musculaire peut ainsi chuter jusqu’à 60 %, et une stase veineuse peut s’installer. De plus, la vascularisation des tendons, des articulations et des os dépend étroitement de la vascularisation musculaire. Le mouvement stimule les circulations sanguine et lymphatique, et assure ainsi une bonne vascularisation du système locomoteur.

 

L’absence de mouvements, par conséquent de contraintes mécaniques sur les os, se traduit par une raréfaction de la masse osseuse de type ostéofibrose, accentuée par le déséquilibre calcique négatif associé à l’immobilisation. En effet, l’os ne présente un degré de minéralisation (et donc de solidité) suffisant que s’il est soumis à des contraintes mécaniques régulières et qu’il présente une bonne vascularisation, qui est en partie dépendante de la vascularisation musculaire.

Chez le jeune, l’immobilisation ralentit la croissance des os.

La récupération des pertes osseuses peut être 5 à 10 fois plus longue que la période d’immobilisation, et que des troubles permanents apparaissent dès 12 semaines d’immobilisation. Le cartilage, lui, peut ne jamais revenir à la normale dès 8 semaines d’immobilisation.

L’immobilisation entraîne une hypo-stimulation du système nerveux qui provoque une inhibition des cellules nerveuses.

 

OBJECTIFS DE LA PHYSIOTHERAPIE

Nous avons vu les effets de l’immobilisation sur le système musculo-squelettique. Cela nous permet de comprendre l’importance de la physiothérapie, dans la rééducation des troubles de la locomotion en remettant en mouvement les articulations.

Les objectifs sont donc :

• d’entretenir le jeu articulaire et de maintenir le cartilage en bon état

• d’assouplir une articulation enraidie

• de prévenir la récidive de blessures en récupérant les mouvements classiques et accessoires de l’articulation, ces derniers lui permettant de glisser, rouler, tourner ou coulisser

• de limiter les modifications musculaires

• de stimuler les circulations sanguine et lymphatique

• de conserver l’image motrice du mouvement, c’est à dire l’habitude de mouvoir les membres dans toute leur amplitude. Ce dernier aspect est important en physiothérapie humaine, mais il est difficile à évaluer chez les animaux. Cependant, il est courant d’observer des chiens ou des chats qui s’habituent à marcher sur 3 pattes sans aucune douleur et qui, placés dans un nouveau milieu, reprennent appui.

 

 

L'IMMOBILISATION D'UN MEMBRE DEVRA DONC ETRE LA PLUS COURTE POSSIBLE ET SA REMISE EN MOUVEMENT REALISEE AU PLUS VITE MEME PENDANT LA PERIODE DE CICATRISATION OSSEUSE!

     

 

 A NOTER:

 

- Il existe des attelles "amovibles" (cf photo haut de l'article) permettant de les enlever le temps de la réalisation d'exercices passifs (flesion, extension, pédalage...). Celles ci seront toujours préférée à une immobilisation longue par d'autres moyen n'autorisant aucun mouvements pendant parfois plusieurs semaines ou mois!Parlez en à votre vétérinaire ou à votre vétérinaire physiothérapeute.

- A l'Université du Tennessee, le service de rééducation est couplé au service de chirurgie vétérinaire et les exercices passifs sont réalisés dès le reveil du chien en sortie de chirurgie orthopédique...que nous avons encore du chemin à parcourir en France !!! 

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